Le Syndrome de l’Imposteur

Imposteur

Quartz a publié le 1er février un article (en anglais) intitulé Le syndrome de l’imposteur serait-il un signe de grandeur ?, ce qui nous semble être une excellente question. L’auteur conclue de cette manière : En vérité, ceux qui souffrent du syndrome de l’imposteur n’ont probablement pas besoin de se soucier d’être une fraude ou non. Mais il n’y a aucune raison non plus d’avoir peur de montrer de l’assurance et de la confiance envers ses capacités. Même si souffrir du syndrome de l’imposteur pourrait apparemment aller de paire avec de grands accomplissements, il n’est pas pour autant une condition obligatoire au succès. Son contenu nous a paru intéressant et digne d’être partagé, c’est pourquoi nous vous invitons à le découvrir ici : Is imposter syndrome a sign of greatness ? 

Chez les adultes à haut potentiel, ce syndrome de l’imposteur provoque des doutes récurrents, parfois obsédants voire même paralysants. Le fait de fonctionner différemment de la majorité entraîne beaucoup de questionnements sur la légitimité de son mode de fonctionnement alternatif. Oui, l’adulte surdoué n’arrive pas aux conclusions de la même manière que d’autres le feraient, et le pire, c’est qu’il est souvent incapable d’expliquer comment il en est arrivé à cette conclusion. Cela a souvent pour effet d’invalider son raisonnement, en apparence illogique pour ses interlocuteurs.

Par exemple, quand on lui demande de prendre une décision en l’expliquant rationnellement, la réponse sera souvent : « Ceci est la meilleure décision, mais je ne sais pas pourquoi ». Et là, le doute s’installe, renforcé par quelques généralisations, tant qu’à se remettre en question… Et si tout ce que je dis est faux ? Suis-je anormal ? Ai-je le droit d’intervenir ? Suis-je un imposteur ? Cette question est douloureuse pour le surdoué, car au fond il sait, il sent et il ressent, sans aucun doute, que cette décision est réellement la plus juste, la meilleure et la plus adéquate face au problème en question et aux données connues. Mais qui a dit un jour qu’un mode analytique différent était synonyme d’imposture ?

Les Questions du Coach

Et vous, souffrez-vous du syndrome de l’imposteur ?
Dans quel contexte cela vous arrive-t-il ?
Que faites-vous pour le combattre ?

N’hésitez pas à échanger avec nous dans les commentaires, cet espace est fait pour cela.

DIVERSITÉ – Pourquoi embaucher un adulte Asperger ?

Je vous livre ici un nouvel extrait du livre de Tony Attwood (« Le syndrome d’Asperger ») sur les qualités professionnelles des personnes Asperger.  Il éclaire suffisamment leurs talents pour que vous puissiez envisager vos recrutements autrement.

Il a également listé les difficultés auxquelles l’on peut s’attendre. Mais comme vous le verrez, il sera aisé avec la présence d’un encadrement bienveillant, de faciliter l’intégration et de permettre à l’entreprise de tirer le meilleur parti de ces personnalités atypiques.

« Une évaluation professionnelle d’un employé avec le Syndrome d’Asperger conclurait selon toute vraisemblance qu’il ou elle est:

  • fiable
  • persistant(e)
  • perfectionniste
  • capable d’identifier facilement les erreurs
  • apte techniquement
  • a un sens pour la justice sociale et l’intégrité
  • susceptible de remettre en question les protocoles
  • précis(e)
  • attentif(ve) aux détails
  • logique
  • consciencieux(se)
  • bien informé(e)
  • trouve des solutions originales aux problèmes
  • honnête
  • susceptible d’apprécier la routine et les attentes claires

Néanmoins, il y aura aussi des difficultés. Il ou elle peut avoir des problèmes pour:

  • travailler en équipe
  • diriger une équipe
  • les méthodes conventionnelles
  • la perception sensorielle
  • respecter les délais et les routines de travail
  • gérer et exprimer le stress et l’anxiété
  • avoir des attentes de carrière réalistes
  • avoir un travail à la hauteur de ses qualifications – tendance à être surdiplômé
  • interpréter correctement les instructions
  • faire face aux changements
  • accepter les conseils (peuvent être perçus comme une critique)
  • prendre de soin de soi et de son hygiène
  • trouver sa place au sein du groupe – peut être crédule et vulnérable au harcèlement et aux violences
  • demander de l’aide
  • organiser et planifier
  • résoudre des conflits – susceptible de rejeter la faute sur les autres
  • aptitudes interpersonnelles »

Une compagnie, ASPertise, a même décidé de privilégier les profils Asperger pour leurs compétences. Et vous ?

 

Mais comment fait-on pour se comprendre ?

« Parmi les éléments que la prosodie étudie, on compte entre autres les prosodèmes suivants : l’accent, le rythme, le ton, le débit et l’intonation. » (source OQLF)

J’ai été frappé par cette explication de la prosodie trouvée dans l’excellent ouvrage de Tony Attwood sur le syndrôme d’Asperger.

Il y est expliqué que la prosodie des aspies peut être très différente et plutôt monotone avec une accentuation inhabituelle.

Mais ce qui m’a frappée a été cette démonstration: « On peut atteindre sept significations différentes rien qu’en changeant l’accent de chaque mot de la phrase », en l’occurence « Je n’ai pas dit qu’elle a volé mon argent. »

  • JE n’ai pas dit qu’elle a volé mon argent [mais quelqu’un l’a dit].
  • Je N’AI PAS dit qu’elle a volé mon argent [je ne l’ai vraiment pas dit].
  • Je n’ai pas DIT qu’elle a volé mon argent [mais je l’ai suggéré].
  • Je n’ai pas dit qu’ELLE a volé mon argent [mais quelqu’un l’a volé].
  • Je n’ai pas dit qu’elle a VOLÉ mon argent [mais elle a fait quelque chose avec].
  • Je n’ai pas dit qu’elle a volé MON argent [elle a volé l’argent de quelqu’un d’autre].
  • Je n’ai pas dit qu’elle a volé mon ARGENT [elle a volé quelque chose d’autre].

Au vu de cette simple démonstration on se demande comment on peut bien faire pour tous se comprendre, n’est-ce pas?

Les « DYS » et le diagnostic

Source : inconnue 

Je ne m’étendrai pas spécifiquement sur le sujet de toute la famille des DYS ici mais je voulais à tout le moins en fournir les définitions et regrouper quelques liens d’intérêt.

La prévalence des DYS ne semble pas plus importantes chez les atypiques que dans le reste de la population mais entraîne incontestablement des erreurs de diagnostic de douance si le thérapeute qui effectue le diagnostic ne prend pas le ou les DYS en compte.

En particulier, le résultat d’un test WAIS sera évidemment faussé par ces troubles de l’apprentissage.

Dyslexie: La dyslexie est un dysfonctionnement cérébral ou psychique ayant des répercussions sur l’écriture et le langage, et conduisant à une inversion des données. Elle touche environ 10% de la population, et elle touche plus facilement les garçons que les filles. Trouble du développement du langage écrit, la dyslexie touche les enfants dont l’activité intellectuelle est normale. Ces enfants présentent des difficultés dans l’acquisition de la lecture, et de l’écriture. 

Dyspraxie: La dyspraxie est un trouble du mouvement qui entraîne une incapacité totale ou partielle à automatiser et planifier les gestes, et qui touche spécifiquement les enfants, sans pour autant qu’ils présentent de troubles moteurs ou déficit intellectuel.

Dyscalculie: La dyscalculie est un terme utilisé par le courant neuropsychologique pour désigner un déficit dans les acquisitions numériques et/ou du calcul ; c’est‐à‐dire des difficultés à acquérir et maîtriser les différentes connaissances et compétences nécessaires aux mathématiques, que ce soit dans l’accès à la numération (notion de nombre), dans l’apprentissage des opérations arithmétiques (addition, soustraction, multiplication et division), la résolution de problèmes ou la géométrie. C’est un trouble d’origine cognitive.

Dysorthographie: La dysorthographie est un trouble persistant de l’acquisition et de la maîtrise de l’orthographe. Il affecte principalement l’apprentissage et l’automatisation de la correspondance phonème‑graphème.

Dysphasie: La dysphasie est un trouble structurel de l’apprentissage de la famille des DYS, se manifestant par un déficit important au niveau de la communication orale et verbalel’enfant dysphasique n’acquiert pas normalement le langage, d’où des difficultés à exprimer ce qu’il pense ou souhaite dire, mais également à comprendre ce qu’on lui dit.

Quelques éléments intéressants à propos de la dyslexie:

Le Trouble du Déficit de l’Attention (TDA ou TDAH)

Voici un extrait du livre « Les surdoués ordinaires » de Nicolas Gauvrit. Cet extrait traite spécifiquement du TDAH et donne un outil concret pour distinguer le TDAH de l’ennui provoqué par le manque de stimulation intellectuel des enfants précoces.

Il est à noter qu’il est possible d’être précoce et de souffrir d’un TDAH mais ce n’est pas parce qu’on est précoce que l’on a forcément un déficit de l’attention:

 » Selon le manuel (DSM, Manuel diagnostic et statistique), le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité est défini par un ensemble de critères répartis en deux classes.

La première classe regroupe les symptômes d’inattention. Si vous vous reconnaissez dans au moins six de ces descriptions (voir ci-dessous), vous pourriez bien souffrir d’un trouble de l’attention… Précisons toutefois qu’il faut que chacun des symptômes perdure depuis au moins six mois, ait commencé avant l’âge de 7 ans et à un degré suffisamment important pour susciter des difficultés d’adaptation à la maison et à l’école, ou au travail pour les adultes.

Sans ces précautions, on pourrait déclarer à peu près tout le monde inattentif.

a) Échoue souvent à porter attention aux détails ou fait des erreurs d’inattention à l’école, à la maison, ou lors d’autres activités;

b) A souvent des difficultés à soutenir son attention lors de tâches ou de jeux;

c) Semble souvent ne pas écouter lorsqu’on lui parle directement;

d) Souvent, ne suit pas correctement les instructions, ou échoue à finir le travail scolaire, les devoirs à l’école ou à la maison. Cela n’est pas dû à un comportement d’opposition, il y a un problème de compréhension des consignes;

e) A souvent du mal à organiser ses tâches et activités;

f) A tendance à éviter, à ne pas aimer ou à repousser toute tâche qui requiert un effort mental soutenu, comme les devoirs à la maison ou à l’école;

g) Oublie fréquemment les objets nécessaires pour les activités ou les tâches, par exemple des jouets, son cahier à l’école, ses stylos, etc.;

h) Est facilement distrait par des stimuli extérieurs;

i) Oublie souvent ce qu’il doit faire dans la journée.

(…)

La seconde classe regroupe des symptômes d’hyperactivité et d’impulsivité. Là encore, si vous vous reconnaissez dans au moins six des descriptions qui suivent, peut-être pourriez-vous être qualifié d’hyperactif ou d’impulsif. Il faut cependant que chacune des ces six descriptions vous corresponde depuis au moins six mois, ait commencé avant vos 7 ans et à un niveau tel qu’elle est handicapante à l’école et à la maison ou au travail pour les adultes.

a) (Hyperactivité) S’entortille souvent les mains ou les pieds, ou s’agite sur sa chaise;

b) Quitte fréquemment sa chaise en classe ou dans d’autres situations où l’on attend qu »il reste assis;

c) A tendance à courir partout, à grimper, dans des situations où c’est inapproprié. Chez les adolescents ou les adultes cela peut être limité à un sentiment d’agitation;

d) A du mal à jouer ou à s’engager dans des activités calmes;

e) Semble souvent prêt à partir, ou agit comme s’il était « mû par un moteur »;

f) Est très bavard;

g) (Impulsivité) Donne souvent une réponse avant même que la question ait été complètement formulée;

h) A beaucoup de mal à attendre son tour;

i) A tendance à interrompre les autres, par exemple dans les conversations ou les jeux.

(…)

Si tous les enfants ne sont évidemment pas inattentifs ou hyperactifs, il existe beaucoup d’élèves pour lesquels au moins six des descriptions d’un des deux volets sont vérifiées depuis au moins six mois à un niveau tel qu’il est problématique à la fois chez eux et dans la classe. C’est pour eux, et pour eux seulement, qu’on peut parler de troubles de l’attention ou d’hyperactivité. »

Il est à noter également que les adultes surdoués qui me consultent et ne souffrent pas de TDAH disent tous savoir parfaitement se concentrer si le sujet les intéresse. Mais pouvoir être particulièrement dispersés si cela n’est pas le cas. L’intérêt pour le sujet, la tâche ou l’activité et la concentration qui en découle semblent être un bon indicateur de l’absence de TDAH pour faire la différence.

Pour faire le point sur le TDAH, consultez un professionnel de santé ou un psychologue. Il vous permettra de valider votre auto-diagnostic et vous donnera des pistes de réflexion.

Les multi-potentiels et l’imposture

J’ai trouvé cet article qui m’a paru bien écrit et pouvoir résonner chez nombre de hauts potentiels: Lire l’article

 

Extrait: « Les multipotentiels doutent, par nature. Ce sont des personnes plutôt introverties qui n’aiment pas dominer, et préfèrent collaborer, harmoniser, fonctionner en intelligence collective ou alors travailler complètement en solo. Explorateurs des savoirs, ils ne peuvent jamais être sûrs de rien puisqu’ils ne savent pas encore ce qui va se présenter demain. Ils sont peut-être plus conscients que la moyenne des gens du caractère relatif de ce qu’ils font. Là où la pression de la compétition pousse tout le monde à affirmer des choses pour convaincre, affirmer, paraître “expert”, vendre plus et plus vite, les multipotentiels ne peuvent aller contre leur intégrité personnelle. Ils sont souvent dépeints comme des personnes hésitantes, à qui on ne peut pas confier trop de responsabilité, ou comme de mauvais leaders. »

Qu’en pensez-vous?

Dossier Douance (Psychologies)

Dossier-PsychologiesPsychologies vient de mettre en ligne un dossier réalisé par Margaux Rambert et intitulé Adultes surdoués : comprendre leur différence. Extrait : « Intelligence exceptionnelle, QI élevé, raisonnement différent, aptitudes extraordinaires, etc. Les surdoués ont, semble-t-il, tout pour réussir et être heureux. Pourtant, nombre d’entre eux souffrent. De leur différence, souvent mal vécue. D’un sentiment de décalage avec les autres. De difficultés à s’intégrer dans la société, qui ne les comprend pas toujours et qui a, à leur sujet, de nombreuses idées reçues. Alors qu’ils représentent 2% à 5% de la population mondiale, certains ignorent d’ailleurs qu’ils sont surdoués. Tous n’ont pas été détectés enfants précoces et accompagnés pour développer leur don. Mais heureusement, il n’est jamais trop tard pour le découvrir, et s’épanouir ». Dans ce dossier, vous pourrez trouver :

✓ Article de Margaux Rambert : Surdoués, douance, précocité : 8 idées reçues. On les croit sûrs d’eux, forcément heureux, supérieurs, etc. Pourtant la réalité des adultes surdoués est toute autre. En cause ? Une incompréhension et surtout, une méconnaissance de ces personnes différentes, hors normes. Le point, avec Monique de Kermadec, psychanalyste et spécialiste des surdoués, sur huit fausses croyances.

✓ Interview de Monique de Kermadec : Les adultes surdoués souffrent d’un sentiment de décalage. Être surdoué : un atout ou une faiblesse ? Un grand nombre d’adultes surdoués souffrent de leurs aptitudes pourtant exceptionnelles, qu’ils vivent parfois même comme un handicap. Monique de Kermadec, psychanalyste, accompagne depuis des années ces personnes hors normes. Et les aide à faire de leur différence une véritable richesse en leur apprenant à mieux se connaître.

✓ Témoignage : J’ai découvert que j’étais surdoué. Hervé, 47 ans, s’est intéressé aux enfants précoces quand sa fille a montré des signes d’inadaptation à l’école. Pour ne pas laisser Alice seule avec sa différence, il a lui aussi fait évaluer son intelligence. Et a découvert qu’il était lui aussi surdoué.

✓ Interview de Monique de Kermadec : Être surdoué est trop souvent associé à une pathologie. Ils se sentent souvent en décalage, différents des autres, ont peur parfois d’être pris pour fous. Pourtant, ils sont surdoués. Un don exceptionnel qui est parfois, à tort, associé à certaines pathologies : hyperactivité, trouble borderline, bipolarité, etc. Mais si leur complexité, leur intensité et le sentiment d’urgence qui les habite peut déranger, ces trois caractéristiques constituent surtout une grande richesse.

Bonne lecture !