Le Trouble du Déficit de l’Attention (TDA ou TDAH)

Voici un extrait du livre « Les surdoués ordinaires » de Nicolas Gauvrit. Cet extrait traite spécifiquement du TDAH et donne un outil concret pour distinguer le TDAH de l’ennui provoqué par le manque de stimulation intellectuel des enfants précoces.

Il est à noter qu’il est possible d’être précoce et de souffrir d’un TDAH mais ce n’est pas parce qu’on est précoce que l’on a forcément un déficit de l’attention:

 » Selon le manuel (DSM, Manuel diagnostic et statistique), le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité est défini par un ensemble de critères répartis en deux classes.

La première classe regroupe les symptômes d’inattention. Si vous vous reconnaissez dans au moins six de ces descriptions (voir ci-dessous), vous pourriez bien souffrir d’un trouble de l’attention… Précisons toutefois qu’il faut que chacun des symptômes perdure depuis au moins six mois, ait commencé avant l’âge de 7 ans et à un degré suffisamment important pour susciter des difficultés d’adaptation à la maison et à l’école, ou au travail pour les adultes.

Sans ces précautions, on pourrait déclarer à peu près tout le monde inattentif.

a) Échoue souvent à porter attention aux détails ou fait des erreurs d’inattention à l’école, à la maison, ou lors d’autres activités;

b) A souvent des difficultés à soutenir son attention lors de tâches ou de jeux;

c) Semble souvent ne pas écouter lorsqu’on lui parle directement;

d) Souvent, ne suit pas correctement les instructions, ou échoue à finir le travail scolaire, les devoirs à l’école ou à la maison. Cela n’est pas dû à un comportement d’opposition, il y a un problème de compréhension des consignes;

e) A souvent du mal à organiser ses tâches et activités;

f) A tendance à éviter, à ne pas aimer ou à repousser toute tâche qui requiert un effort mental soutenu, comme les devoirs à la maison ou à l’école;

g) Oublie fréquemment les objets nécessaires pour les activités ou les tâches, par exemple des jouets, son cahier à l’école, ses stylos, etc.;

h) Est facilement distrait par des stimuli extérieurs;

i) Oublie souvent ce qu’il doit faire dans la journée.

(…)

La seconde classe regroupe des symptômes d’hyperactivité et d’impulsivité. Là encore, si vous vous reconnaissez dans au moins six des descriptions qui suivent, peut-être pourriez-vous être qualifié d’hyperactif ou d’impulsif. Il faut cependant que chacune des ces six descriptions vous corresponde depuis au moins six mois, ait commencé avant vos 7 ans et à un niveau tel qu’elle est handicapante à l’école et à la maison ou au travail pour les adultes.

a) (Hyperactivité) S’entortille souvent les mains ou les pieds, ou s’agite sur sa chaise;

b) Quitte fréquemment sa chaise en classe ou dans d’autres situations où l’on attend qu »il reste assis;

c) A tendance à courir partout, à grimper, dans des situations où c’est inapproprié. Chez les adolescents ou les adultes cela peut être limité à un sentiment d’agitation;

d) A du mal à jouer ou à s’engager dans des activités calmes;

e) Semble souvent prêt à partir, ou agit comme s’il était « mû par un moteur »;

f) Est très bavard;

g) (Impulsivité) Donne souvent une réponse avant même que la question ait été complètement formulée;

h) A beaucoup de mal à attendre son tour;

i) A tendance à interrompre les autres, par exemple dans les conversations ou les jeux.

(…)

Si tous les enfants ne sont évidemment pas inattentifs ou hyperactifs, il existe beaucoup d’élèves pour lesquels au moins six des descriptions d’un des deux volets sont vérifiées depuis au moins six mois à un niveau tel qu’il est problématique à la fois chez eux et dans la classe. C’est pour eux, et pour eux seulement, qu’on peut parler de troubles de l’attention ou d’hyperactivité. »

Il est à noter également que les adultes surdoués qui me consultent et ne souffrent pas de TDAH disent tous savoir parfaitement se concentrer si le sujet les intéresse. Mais pouvoir être particulièrement dispersés si cela n’est pas le cas. L’intérêt pour le sujet, la tâche ou l’activité et la concentration qui en découle semblent être un bon indicateur de l’absence de TDAH pour faire la différence.

Pour faire le point sur le TDAH, consultez un professionnel de santé ou un psychologue. Il vous permettra de valider votre auto-diagnostic et vous donnera des pistes de réflexion.

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