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Quelles différences physiologiques et neuronales distinguent les surdoués du reste de la population?

1. Le fonctionnement du cerveau

1.1. Vitesse neuronale

Les informations circulent dans les neurones, en moyenne, à 2 m/s (variable selon les gens et les zones du cerveau concernées).

Chez un surdoué, la vitesse est plus élevée, en général de l’ordre de 0,05 mètre de plus par seconde pour chaque point de QI supplémentaire. Cela peut représenter entre un QI de 100 et un QI de 130, une augmentation de 1,5 mètres/seconde de la vitesse. Elle est presque doublée. C’est l’une des explications pour laquelle les surdoués ont le sentiment d’en avoir « plein la tête » et d’être en permanence envahi d’un flot de pensées, sans pouvoir l’arrêter.

Leur plus grande demande est en général : « Je voudrais arrêter de penser ! »

1.2 Le traitement multispatial

À la vitesse neuronale mentionnée ci-dessus, s’ajoute le fait que contrairement au cerveau de tout un chacun, leur cerveau utilise, pour le traitement d’une même information, plusieurs zones du cerveau de façon simultanées. Le cerveau d’une personne de QI moyen, en revanche, traite les informations dans des zones bien définies en fonction de leur application.

Les surdoués ont de la difficulté à se focaliser sur la bonne information surtout qu’ils sont « suralimentés » en information par leurs 5 sens (voir ci-dessous). On appelle cela un déficit de l’inhibition latente.

L’inhibition latente permet au cerveau, dans un environnement donné, de « filtrer » les informations et de négliger de traiter celles qui ne sont pas importantes (comme la température de la pièce ou la couleur du tableau accroché au mur). Le cerveau du surdoué lui, ne fait pas de différences et traite ces informations avec la même importance que celles concernant l’interlocuteur qui le salue. Une surcharge de données qui l’oblige effectivement à mobiliser plus de connexions  neuronales pour en tirer une conclusion et lui fais dire qu’il en a, encore une fois, « plein la tête ».

1.3 L’utilisation des deux hémisphères du cerveau

Généralement, le cerveau gauche est le cerveau analytique, lieu des compétences logiques et du langage, tandis que le cerveau droit est plus intuitif, créatif et traite les informations de façon plus globale.

Les surdoués utilisent majoritairement leur cerveau droit avec une pensée en arborescence ou tout élément peut conduire à différentes possibilités qui elles mêmes conduisent à d’autres pistes et ce, par association d’idées, à l’infini.

Un problème simple pour eux ne l’est pas vraiment. Si toutes les données du problème n’ont pas été intégralement décrites, ils vont imaginer toutes les possibilités de variables et se retrouver à gérer un problème bien plus complexe que vous en l’aviez imaginé.

Un stimulus, une idée, en amènent d’autres, encombrant à nouveau le cerveau de réflexions plus ou moins importantes ou nécessaires dans l’instant mais ne cessant jamais.

2. Le fonctionnement des 5 sens

Les surdoués sont soumis à une hyper-réceptivité émotionnelle. Leurs cinq sens sont plus aiguisés que la moyenne, et comme nous l’avons vu précédemment, envoient d’autant plus d’informations à leur cerveau.

Signe particulier, ils disent souvent être soumis à de l’hyperesthésie, voire à de la synesthésie. L’hyperesthésie est une sensibilité exacerbé des sens qui fait ressentir à la personne les stimuli extérieurs plus intensément. Le bruit assourdit, les couleurs sautent aux yeux, les odeurs dérangent…

La synesthésie quant à elle, est la capacité de « lire »le stimulus adressé à l’un des 5 sens grâce à un autre sens. Voir les lettres imprimées en couleur alors qu’elles le sont en noir sur blanc, goûter la musique, sentir le bruit.

3. Comment savoir si je suis surdoué ? Passer un test

Rappelons une explication de Jeanne Siaud-Facchin : « Être surdoué associe un très haut niveau de ressources intellectuelles, une intelligence hors norme, d’immenses capacités de compréhension, d’analyse, de mémorisation ET une sensibilité, une émotivité, une réceptivité affective, une perception des cinq sens, une clairvoyance dont l’ampleur et l’intensité envahissent le champ de la pensée. »

Si vous vous reconnaissez dans ces traits caractéristiques et que vous n’avez pas été diagnostiqué à l’enfance, vous pouvez passer des tests. Le QI y est mesuré comme une indication mais ne suffit pas à poser un diagnostic de douance. C’est pour cela que les tests sont proposés et analysés par des psychologues spécialisés, à même de mettre en rapport le résultat des tests avec les comportements ou ressentis de la personne.

Cela permet de bien distinguer les personnes brillantes, performantes intellectuellement, ayant fait de longues études et atteint des postes importants des surdoués qui eux feront peut être montre d’un QI supérieur mais aussi de bien d’autres caractéristiques qui leur sont propres.

Rappelons que la douance n’est pas synonyme de réussite et que, selon le contexte dans lequel le surdoué a évolué et de l’ampleur de ses caractéristiques émotives, il a pu soit s’adapter et progresser socialement, soit être resté en marge en étant totalement inadapté à son environnement. La sentiment de l’incompréhension réciproque qui s’installe très jeune entre le surdoué et son entourage peut rapidement l’isoler et lui faire ressentir fortement sa différence.

Un autre trait caractéristique est qu’un surdoué qui s’ignore mais qui ressens un décalage entre lui et les autres a, en général, le réflexe de considérer qu’il n’est lui même « vraiment pas doué », dans tous les sens du terme. Puisque s’il l’était, il serait sûrement mieux intégré que cela à son environnement. CQFD!

Pour trouver un psychologue spécialisé en douance, consultez le répertoire de l’Ordre des Psychologues du Québec.